Epistémologie psychonautique

La recherche sur les plantes psychotropes est principalement tenue par la psychiatrie et la pharmacologie, qui en définissent l’application et la régulation. Le projet plantes et pouvoirs ouvre ce domaine à la recherche artistique. Les artistes, qui manipulent symboles et concepts, sont à même d’entamer le dialogue, les plantes communiquant avec nous grâce à des langages avant tout symboliques et esthétiques.

Cette étude a lieu au sein du champ artistique, car c’est un espace de savoirs et de politiques, un espace de beautés et d’idées, elle permet de distinguer ces notions en offrant un cadre à l’expérimentation. Les plantes sont considérées comme un pharmakon, à la fois poison et remède, elles renferment de grands pouvoirs et de grandes sagesses, ainsi que des dangers et des récifs périlleux. Par conséquent, leur étude doit être méthodique et sincère.
Au long de l’Histoire, les chamans et les artistes ont développé des techniques de l’extase aussi bien que des relations particulières de soin avec leurs sociétés. L’Institut plantes et pouvoirs met à jour ces méthododologies, élabore des protocoles, et traite du défi singulier pour la société contemporaine, celui d’échanger des informations avec un autre règne.
Le terme « psychonaute » provient du terme ψυχήναύτης en grec ancien formé de ψυχή, psyché désignant « l’âme/l’esprit » et de ναύτης naute signifiant « navigateur ». Le psychonautisme est un néologisme, regroupant les « navigateurs de l’âme » et leur doctrine, signifiant à la fois une méthode pour analyser les effets subjectifs des états de conscience altérés et en même temps, une recherche de paradigme dans lequel le chercheur trouve un moyen d’explorer l’existence, d’enrichir l’expérience humaine comme de trouver des réponses à ses questions (Wikipedia).
Accéder aux états de conscience informés par les plantes soulève les problématiques d’individuation et de transindividuation, en accédant à une perception altérée de soi, le sujet est transformé. Dès lors, le symbolisme consensuel sur lequel repose la médiation entre individus et groupe social est redéfini. Il s’agit, par exemple, de suivre l’organologie allant de l’organe cerveau à l’organe juridique Swissmedic, ainsi que de définir la place que peut avoir une telle épistémologie au sein d’une examination et régulation académique.
Les principaux moyens de mise en œuvre sont des protocoles basés sur des expériences directes informés par la philosophie, l’ethnobotanie, l’histoire de l’art et le droit. Une étude porte sur les conditions mêmes d’une telle recherche. Une autre, Salvialand, cartographie des territoires de la Salvia Divinorum, révèle les paysages singuliers d’une plante utilisée dans la pharmacologie Mazatèque et cependant interdite en Suisse.